S’il y a bien un plat que je pourrais manger tous les jours et qui m’apporte un réconfort absolu, c’est le riz iranien. Quand j’étais petite, c’était l’assiette qu’on attendait avec impatience le dimanche midi. En sentant son odeur de loin, je savais déjà que j’allais me régaler.

En Iran, le riz est au centre de la gastronomie, et il existe plusieurs techniques pour le préparer. Pour ce plat qui me tient particulièrement à cœur, j’ai demandé à mon père de vous partager sa méthode, celle qu’il refait depuis toujours. 

Cette technique donne de longs grains fins, parfumés au safran, qui se détachent les uns des autres. Et au fond de la casserole, une croûte dorée et croustillante : le tahdig (littéralement « le fond de la casserole »). La partie pour laquelle tout le monde se bat dès que le plat est sur la table, repas après repas.

Sommaire

Le riz iranien, bien plus qu’une seule recette

En Iran, le riz se décline en plusieurs grandes préparations. Celle que nous faisons ici s’appelle le chelo : un riz blanc cuit en deux temps (précuisson à l’eau, puis à la vapeur).

Il y a aussi le polo, le même riz, mais mélangé pendant la cuisson avec d’autres ingrédients : herbes, épices, fruits secs, légumes. Ou encore le tahchin, cuit avec du yaourt, des œufs et du safran, qui donne un tahdig épais et doré qu’on démoule comme un gâteau.

Le tahdig aussi se décline : pain lavash, pommes de terre en fines tranches, etc.

Quelques précisions sur les ingrédients d’un bon riz iranien

Le riz : choisissez un riz basmati à grain long et fin, cela fait vraiment la différence pour obtenir un riz aéré et qui ne colle pas.

Le safran : la quantité et la qualité du safran changent tout, pour aller plus loin sur le choix et la préparation, voir le guide complet sur le safran en cuisine.

Les matières grasses : dans cette recette, mon père a utilisé un mélange d’huile et de beurre. Vous pouvez aussi opter pour du beurre clarifié qui est idéal pour ce type de cuisson. Il a un avantage considérable sur le beurre ordinaire, qui lui contient des solides du lait qui noircissent rapidement à la chaleur. Le beurre clarifié, débarrassé de ces solides, supporte des températures bien plus élevées : il dore le tahdig sans risquer de brûler, tout en gardant le goût du beurre.

 

Recette riz iranien (et son tahdig)

riz-iranien
Quantité 6 personnes
Préparation 15 minutes
Cuisson 50 minutes

Les ingrédients

  • 600 g de riz Basmati long et fin
  • 1/2 càc de filaments de safran sec
  • huile de tournesol
  • beurre doux ou beurre clarifié
  • sel
  • épines-vinettes en option pour le service

Le matériel

  • un faitout à fond épais et antiadhésif
  • un torchon propre
  • un diffuseur en option

Préparation 

  1. Broyez le safran au mortier avec une pointe de sel. Versez la poudre dans un verre avec de l’eau chaude (non bouillante) et laissez infuser. Pour la quantité d’eau commencez par 3 cuillères à soupe, et ajustez jusqu’à obtenir un beau orange foncé.
  2. Rincez le riz 3 à 4 fois à l'eau froide dans un grand récipient jusqu'à ce que l'eau soit parfaitement claire, puis égouttez-le.
  3. Plongez le riz dans une grande casserole d'eau bouillante très salée, sur feu vif et sans couvercle. Laissez cuire 5 à 8 minutes : dès que le grain est tendre à l'extérieur mais encore légèrement croquant au cœur, égouttez-le et rincez-le rapidement à l'eau froide.
  4. Remettez le faitout vide sur feu vif. Versez l'huile et le beurre pour bien napper tout le fond, puis ajoutez 1 cuillère à soupe de votre eau de safran infusée et 2 ou 3 cuillères à soupe d'eau.
  5. Dès que le mélange commence à buller, déposez une première couche uniforme de riz au fond. Ajoutez le reste du riz par-dessus en formant une montagne au centre. Délicatement à l’aide d’un manche de cuillère en bois, faites quelques trous dans le riz (sans toucher le fond du faitout). Mettez le couvercle.
  6. Laissez sur feu vif pendant 5 minutes pour saisir la croûte. Ensuite, enveloppez le dessous du couvercle avec un torchon propre, fermez hermétiquement et baissez le feu sur feu doux.
  7. La cuisson : Laissez cuire ainsi pendant 45 minutes à 1 heure sans jamais soulever le couvercle. Les vrais signaux : une odeur de noisette grillée, et un léger crépitement qui se calme.
  8. Retirez du feu, enlevez le couvercle et versez le safran liquide sur le dessus du riz blanc. Ici deux options, soit vous déposez un plat à l’envers sur le dessus du faitout pour le retourner entièrement. Soit vous récupérez le riz du dessus à la cuillère, et vous décollez le tahdig avec une spatule pour le déposer par-dessus ou à côté.

Notes

Si vous souhaitez ajouter des épines-vinettes : triez-les et laissez-les tremper 10 à 15 minutes dans l'eau froide pour éliminer les résidus, puis séchez-les et faites-les revenir 2 minutes à la poêle à feu doux dans du beurre et une pincée de sucre avant de les parsemer sur le riz. 

Le riz pas à pas en images

Les détails qui font la différence pour réussir son riz et son tahdig

J’ai rassemblé ici les conseils de mon père pour un bon riz iranien :

  • Choisir un riz basmati long : c’est sa composition particulière qui lui permet de donner des grains séparés et aériens après cuisson.
  • Utiliser un faitout à fond épais et antiadhésif : c’est primordial car le fond épais diffuse la chaleur uniformément, et l’antiadhésif assure le décollage net de la croûte.
  • Utiliser un diffuseur si votre plaque ne diffuse pas la chaleur uniformément : le gaz ne diffuse souvent pas parfaitement la chaleur sous toute la surface du faitout. Sans diffuseur, tournez le faitout d’un quart de tour toutes les 10-15 minutes, ça compense les points chauds (sans les éliminer complètement).
  • Rincer le riz jusqu’à ce que l’eau soit claire : c’est ce qui permet d’éliminer l’amidon qui fait coller les grains entre eux.
  • Arrêter la première cuisson du riz à temps : le grain doit être tendre à l’extérieur, encore croquant au cœur. Il finira de cuire à la vapeur.
  • Mettre un torchon sur le couvercle lors de la 2ᵉ cuisson : il absorbe la condensation au lieu de la laisser retomber sur le riz.

Comment savoir quand le tahdig est prêt ?

Fiez-vous au chronomètre (45 min à 1h). Le son et l’odeur viennent affiner le temps avec la pratique : un grésil­lement doux et régulier signifie que la croûte se forme bien. S’il devient violent, baissez le feu. Une note de riz grillé, légèrement noisette, qui commence à monter est bon signe. Si ça sent le brûlé, c’est trop tard. Chaque plaque et chaque casserole réagissent différemment. Ces signaux deviennent plus faciles à reconnaître avec l’expérience.

riz-iranien

À table

Pour le service, il y a deux écoles. La plus spectaculaire : poser un grand plat à l’envers sur le faitout et retourner d’un coup, le riz forme un “gâteau”, le tahdig apparaît dessus, doré et entier. L’autre option, plus simple : récupérer le riz blanc à la cuillère dans un plat, puis décoller le tahdig à la spatule et le déposer par-dessus ou à côté.

Le riz iranien accompagne très souvent un khoresht (ragoût mijoté) ou un kebab. Personnellement, je l’adore aussi tout simplement avec un peu de yaourt grec salé, du mast-o khiar (concombre au yaourt) ou un verre de doogh bien frais.

Pour cette version, on a ajouté des épines-vinettes (zereshk), ces petites baies acidulées cuites dans le beurre dont les saveurs se marient parfaitement avec le safran et le riz. Un guide sur les épines-vinettes est disponible ici.

Quand on fait du riz iranien, il y a toujours ce suspense au moment de retourner le faitout. Cela demande un peu de patience, mais le résultat vaut le coup. Et une fois que vous l’aurez goûté, il est fort possible que vous ayez du mal à vous en passer.

Bon appétit, ou Noush-e jân, comme on dit en persan.

On en discute ?

Noter la recette